Test de Mandriva 2008.1 Spring

mercredi 16 avril 2008 16h58

Il y a une semaine, Mandriva a sorti la dernière version de sa distribution Linux: Mandriva Linux 2008.1 Spring.

Nous avions testé la version précédente et on remet le couvert avec cette version. Nous avions été déçu il y a 6 mois, la version Spring redresse le tir sur le gestionnaire de package.

Faut il sauter sur cette Mandriva? Vous saurez tous dans la suite.


Installation

L'installation de Mandriva 2008 Spring est très simple. Le système démarre sur le DVD tel un live CD, ce qui permet d'avoir un aperçu de ce qu'on aura après l'installation. Un raccourci permet d'installer Mandriva sur le disque dur, ce qui se fait en quelques étapes.

Internet

Mandriva 2008 Spring intègre les navigateurs Konqueror et Mandriva Firefox par défaut. Mandriva a joué la sécurité en choisissant Firefox 2 plutôt que la bêta de Firefox 3.

Le client mail est Kmail, Kopete est installé pour la messagerie instantanée, Akregator pour le RSS, on avance en terrain connu.

Ces logiciels fonctionnent tous bien. Les dernières version stables sont installées et les traductions francophone sont utilisées par défaut.

Coté du son

Faisons un petit tour coté du son. Pourquoi s'ennuyer avec le son, il y un problème avec la gestion du son? Il ne faut pas le répéter mais la gestion du son sous Linux est pénible pour les programmeurs. D'abord, il existe une myriade de sous-systèmes audio et il n'y a pas de bon choix parmi ceux-ci. Si on décide d'interagir directement avec le noyau via ALSA, on rend impossible l'utilisation du son sur le réseau, et il n'y a plus de compatibilité avec BSD.

La solution est d'utiliser un intermédiaire entre les applications et le noyau. Néanmoins, faute d'accord entre Gnome et KDE, et entre les distributions Linux, le son est resté quelque chose de pénible à gérer sous Linux.

PulseAudio est un de ses intermédiaire pour gérer le son, c'est un serveur qui vient se placer entre les applications et le noyau. PulseAudio a de nombreux avantages et des fonctionnalités vraiment intéressante, mais son principal avantage, est d'être à la mode. Ainsi, Fedora l'utilise déjà, Mandriva l'intègre par défaut dans Spring 2008, et la prochaine version de Ubuntu l'utilise aussi. Le problème du son est peut être enfin en passe d'être réglé.

On peut s'attendre à des problèmes important lors du changement d'un sous-système important comme le son. Sous Mandriva 2008 Spring, les choses ont été bien faites puisque tout fonctionne dès l'installation. PulseAudio est activé par défaut, et les lecteurs audio et vidéos sont correctement configuré.

Bureautique

Etant donné que Mandriva vend aussi des solutions Linux pour les administrations et entreprises, ils ont intérêt à fournir de bon outils bureautique.

Par défaut, la dernière version de OpenOffice (version 2.4) est installé. Cette version d'OpenOffice est très aboutie et se permet même le luxe d'attaquer le Keynote d'Apple en fournissant des effets plus intéressant pour les présentations.

La version fournie est la version de base, le logiciel est en français. Par contre le correcteur orthographique n'est pas configuré par défaut.

Gestionnaire de package

Lors du test de la version précédente de Mandriva, nous avions été très critiques sur le gestionnaire de package (rpmdrake). Cette partie de la distribution était largement en dessous de nos attentes.

Mandriva a réalisé des efforts importants sur son gestionnaire de package, et de façon amusante ils ont travaillé sur l'ensemble des problèmes que nous avions relevé. Est-ce qu'il s'agit d'un hasard ou est-ce qu'ils nous ont lu? En tout cas ils ont réglé la plupart des problèmes de l'ancien test, et il faut vraiment les féliciter pour ces améliorations.

Le nouveau gestionnaire de package inclut une nouvelle fonctionnalité pour ne pas charger des informations inutiles. Plutôt que d'utiliser des descripteurs de packages gigantesque, cette version de Mandriva utilise des fichiers ne contenant que le minimum d'information nécessaire. Lorsqu'une information supplémentaire est demandée, rpmdrake la télécharge automatiquement.

Voyons un exemple concret. Lorsqu'on affiche les informations d'un package, on voit son nom et sa description. Si on veut le liste des fichiers du packages, on clique sur "liste des fichiers" mais celle-ci n'est pas disponible. Le gestionnaire de package télécharge automatiquement la liste depuis Internet (et affiche l'avancement de la tâche), et affiche la liste de fichier.

Encore quelques bémols

Tout n'est pas parfait et il reste quelques défauts à rpmdrake. Rien de franchement handicapant mais j'ai espoir que les ingénieurs de Mandriva liront cet article et continueront à améliorer leur outil.

Un problème particulièrement frustrant sur rpmdrake est qu'il refuse parfois d'installer des logiciels, sans donner la moindre raison. Après avoir choisi ses packages et passé les étapes de dépendances et de validation, un message s'affiche indiquant "Désolé, les paquetages suivants ne peuvent pas être sélectionnés".

Des petits problèmes d'ergonomie sont aussi présent concernant autant la gestion des packages que l'affichage.

Pour la gestion des packages, les meta packages sont peu évidents à trouver. Il faut sélectionner le type meta-package pour pouvoir les parcourir, il faudrait sans doute donner plus de visibilités à ces packages qui sont ce que l'on cherche pour commencer à travailler. Autre problème, le bouton "Tout sélectionner" a montré un comportement plus qu'étrange, à tel point que je suis incapable de dire à quoi sert exactement ce bouton. Parfois il désélectionne des sélections que réalisées, parfois il ne fait rien, prafois il sélectionne tout les packages de la liste courante. De plus, la position de ce bouton peut être déroutant sur ce qu'il sélectionne: toutes les catégories ou tous les packages?

Question clarté de l'interface graphique, quelque petits problème pourront gêner les débutants sur rpmdrake. Une premier problème est l'utilisation exclusive de la barre de statut pour afficher certaines information. Par exemple, lors d'une recherche de package qui n'a pas de résultat, la seule information est un petit message venant s'afficher dans cette barre. Si on n'est pas attentif, on peut penser que le logiciel n'a rien fait.

Le nouveau système permettant de ne télécharger que les informations nécessaires possède aussi ses petits problèmes visuels. L'utilisation exclusive de la barre de statut pour certains messages en est un, mais il y a aussi un problème avec les fenêtres de téléchargement. Lorsque rpmdrake doit télécharger plusieurs petits fichiers, on voit les fenêtres d'avancement du téléchargement apparaitre et disparaitre rapidement tant le chargement a été rapide. Ces fenêtres clignotantes sont assez désagréables et elles pourront inquiéter les débutants.

Internationalisation

Quand Mandriva est installé en Français, plus besoin de bricoler pour les langues. L'ensemble des applications et des documentations sont en Français. Mandriva profite là de son avantage à ne pas être développé par des anglophones, et connait donc les problèmes de localisation.

Petit problème anecdotique néanmoins: lorsque la correction orthographique est activée sous Firefox, la langue par défaut est le russe.

En conclusion

La qualité des distributions Mandriva est très variable d'une sortie à l'autre. Après quelques jours d'utilisation, Mandriva 2008 Spring nous a plutôt satisfaits, il s'agit d'une bonne cuvée.

Il semble que Mandriva a définitivement cessé d'installer par défaut les dernières trouvailles en Open Source. On aurait autrefois attendu de Mandriva une intégration de KDE 4 par défaut, avec Firefox 3 et le dernier KOffice. À la place, la distribution se focalise sur des outils stables et bien connus.

Ce choix permet d'offrir une distribution intéressante face aux autres distributions et aux concurrents propriétaires.

Pour ceux qui sont équipés de Mandriva 2008 première du nom, n'hésitez pas à faire la mise à jour. Les changements sont minimes mais le système est bien plus agréable à utiliser.

L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des
enfants dignes d'elle.
-+- Adolphe Tiers -+-