Rechercher une page de manuel

Chercher une autre page de manuel:

sigaction

Autres langues

Langue: fr

Version: 15 septembre 2005 (mandriva - 01/05/08)

Section: 2 (Appels système)

NOM

sigaction - Examiner et modifier l'action d'un signal

SYNOPSIS

 #include <signal.h>
 
 int sigaction(int signum, const struct sigaction *act,
               struct sigaction *oldact);
 

DESCRIPTION

L'appel système sigaction() sert à modifier l'action effectuée par un processus à la réception d'un signal spécifique.

signum indique le signal concerné, à l'exception de SIGKILL et SIGSTOP.

Si act est non nul, la nouvelle action pour le signal signum est définie par act. Si oldact est non nul, l'ancienne action est sauvegardée dans oldact.

La structure sigaction est définie par quelque chose comme :

 struct sigaction {
     void     (*sa_handler)   (int);
     void     (*sa_sigaction) (int, siginfo_t *, void *);
     sigset_t   sa_mask;
     int        sa_flags;
     void     (*sa_restorer)  (void);
 }
 

Sur certaines architectures, on emploie une union. Il ne faut donc pas utiliser ou remplir simultanément sa_handler et sa_sigaction.

L'élément sa_restorer est obsolète et ne doit pas être utilisé, POSIX ne mentionne pas de membre sa_restorer.

sa_handler indique l'action affectée au signal signum, et peut être SIG_DFL pour l'action par défaut, SIG_IGN pour ignorer le signal, ou un pointeur sur une fonction de gestion de signaux. Cette fonction reçoit le numéro de signal comme seul argument.

Si SA_SIGINFO est spécifié dans sa_flags, sa_sigaction (au lieu de sa_handler) spécifie la fonction gestionnaire de signaux pour signum. Cette fonction prend le numéro comme premier argument, un pointeur sur une siginfo_t comme second argument et un pointeur sur une ucontext_t (transtypée en void *) comme troisième argument.

sa_mask fournit un masque de signaux à bloquer pendant l'exécution du gestionnaire. De plus le signal ayant appelé le gestionnaire est bloqué à moins que l'attribut SA_NODEFER ne soit précisé.

sa_flags spécifie un ensemble d'attributs qui modifient le comportement du gestionnaire de signaux. Il est formé par un OU binaire « | ») entre les options suivantes :

SA_NOCLDSTOP
Si signum vaut SIGCHLD, ne pas recevoir les signaux de notification d'arrêt d'un processus fils (quand le fils reçoit un signal SIGSTOP, SIGTSTP, SIGTTIN ou SIGTTOU) ou reprendre (c'est-à-dire, ils recoivent SIGCONT) (voir wait(2)).
SA_NOCLDWAIT
(Linux 2.6 et suivants) Si signum vaut SIGCHLD, ne pas transformer les fils en zombies lorqu'ils se terminent. Voir aussi waitpid(2).
SA_RESETHAND
Rétablir l'action à son comportement par défaut une fois que le gestionnaire a été appelé. SA_ONESHOT est un synonyme non standard obsolète pour cet attribut.
SA_ONSTACK
Appeler le gestionnaire avec une pile différente fournie par sigaltstack(2). Si cette pile est indisponible, on utilisera la pile par défaut.
SA_RESTART
Fournir un comportement compatible avec la sémantique BSD en redémarrant automatiquement les appels système lents interrompus par l'arrivée du signal.
SA_NODEFER
Ne pas empêcher un signal d'être reçu depuis l'intérieur de son propre gestionnaire. SA_NOMASK est un synonyme non standard obsolète pour cet attribut.
SA_SIGINFO
Le gestionnaire de signal recevra trois arguments, et non plus un seul. Dans ce cas, il faut utiliser le membre sa_sigaction (apparu dans Linux 2.1.86.) et non pas sa_handler.

Le paramètre siginfo_t de la routine sa_sigaction est une structure contenant les éléments suivants :

 siginfo_t {
     int     si_signo;       /* Numéro de signal         */
     int     si_errno;       /* Numéro d'erreur          */
     int     si_code;        /* Code du signal           */
     pid_t   si_pid;         /* PID de l'émetteur        */
     uid_t   si_uid;         /* UID réel de l'émetteur   */
     int     si_status;      /* Valeur de sortie         */
     clock_t si_utime;       /* Temps utilisateur écoulé */
     clock_t si_stime;       /* Temps système écoulé     */
     sigval_t si_value;      /* Valeur de signal         */
     int     si_int;         /* Signal Posix.1b          */
     void *  si_ptr;         /* Signal Posix.1b          */
     void *  si_addr;        /* Emplacement d'erreur     */
     int     si_band;        /* Band event               */
     int     si_fd;          /* Descripteur de fichier   */
 }
 
Les champs si_signo, si_errno and si_code sont définis pour tous les signaux. (si_signo n'est pas utilisé sous Linux.) Le reste de la structure peut être une union, et il ne faut donc tenir compte que des champs qui sont significatifs pour le signal reçu :.
*
Les signaux POSIX.1b et SIGCHLD remplissent les champs si_pid et si_uid.
*
SIGCHLD remplit aussi si_status, si_utime et si_stime.
*
si_int et si_ptr sont fournis par l'émetteur d'un signal Posix.1b. Voir sigqueue(2) pour plus de détails.
*
SIGILL, SIGFPE, SIGSEGV et SIGBUS remplissent si_addr avec l'adresse de l'erreur. SIGPOLL remplit si_band et si_fd.

si_code indique la raison pour laquelle le signal a été émis. Il s'agit d'une valeur, pas d'un masque de bits. Les valeurs possibles pour tous les signaux sont :

si_code
Valeur Origine du signal
SI_USER kill(2) ou raise(3)
SI_KERNEL Noyau
SI_QUEUE sigqueue(2)
SI_TIMER Fin d'une temporisation POSIX
SI_MESGQ Changement d'état d'une file de message POSIX (depuis Linux 2.6.6)
SI_ASYNCIO Fin d'une AIO
SI_SIGIO SIGIO empilé
SI_TKILL tkill(2) ou tgkill(2) (depuis Linux 2.4.19)
SIGILL
ILL_ILLOPC opcode illégal
ILL_ILLOPN opérande illégal
ILL_ILLADR mode d'adressage illégal
ILL_ILLTRP trappe illégale
ILL_PRVOPC opcode priviliégié
ILL_PRVREG registre privilégié
ILL_COPROC erreur de coprocesseur
ILL_BADSTK erreur interne de pile
SIGFPE
FPE_INTDIV division entière par zéro
FPE_INTOVF débordement entier
FPE_FLTDIV division réelle par zéro
FPE_FLTOVF débordement réel
FPE_FLTUND débordement inférieur réel
FPE_FLTRES résultat réel inexact
FPE_FLTINV opération réelle invalide
FPE_FLTSUB indice hors intervalle
SIGSEGV
SEGV_MAPERR adresse sans objet
SEGV_ACCERR permissions invalides
SIGBUS
BUS_ADRALN alignement d'adresse invalide
BUS_ADRERR adresse physique inexistante
BUS_OBJERR erreur matérielle spécifique
SIGTRAP
TRAP_BRKPT point d'arrêt du processus
TRAP_TRACE suivi d'exécution du processus
SIGCHLD
CLD_EXITED fils terminé normalement
CLD_KILLED fils tué par un signal
CLD_DUMPED fils terminé anormalement
CLD_TRAPPED fils en cours de suivi
CLD_STOPPED fils arrêté
CLD_CONTINUED fils arrêté a redémarré
SIGPOLL
POLL_IN données disponibles en entrée
POLL_OUT tampons de sortie libres
POLL_MSG message disponible en entrée
POLL_ERR erreur d'entrée-sortie
POLL_PRI entrée haute priorité disponible
POLL_HUP périphérique débranché

VALEUR RENVOYÉE

sigaction() renvoie 0 s'il réussit et -1 s'il échoue.

ERREURS

EFAULT
act ou oldact pointent en-dehors de l'espace d'adressage accessible.
EINVAL
Un signal invalide est indiqué. Ceci se produit également si l'on tente de modifier l'action associée à SIGKILL ou SIGSTOP, qui ne peuvent pas être interceptés ou ignorés.

CONFORMITÉ

POSIX.1-2001, SVr4.

NOTES

Suivant POSIX, le comportement d'un processus est indéfini après qu'il ait ignoré un signal SIGFPE, SIGILL ou SIGSEGV
 qui n'avait pas été engendré par une fonction kill(2) ou raise(3). La division entière par zéro a un résultat indéfini. Sur certaines architectures, cela déclenchera un signal SIGFPE. (De même, diviser l'entier le plus négatif par -1 peut déclencher SIGFPE). Ignorer ce signal peut mener à des boucles sans fin.

POSIX.1-1990 désapprouve le positionnement de SIGCHLD à SIG_IGN. POSIX.1-2001 le permet, ignorant que SIGCHLD peut être utilisé pour éviter la création de zombies (voir wait(2)). Cependant, les comportements historiques de BSD et System V sur l'ignorance de SIGCHLD diffèrent, aussi, la seule méthode entièrement portable pour s'assurer que les fils qui se terminent ne deviennent pas des zombies est d'intercepter le signal SIGCHLD et d'appeler wait(2) ou de faire quelque chose de similaire.

POSIX.1-1990 définit seulement SA_NOCLDSTOP. POSIX.1-2001 a ajouté SA_NOCLDWAIT, SA_RESETHAND, SA_NODEFER et SA_SIGINFO. L'utilisation des autres options de sa_flags peut être moins portable dans les applications conçues pour de vieilles implémentations Unix.

Le support de SA_SIGINFO a été ajouté dans Linux 2.2.

L'option SA_RESETHAND est compatible avec l'option SVr4 du même nom.

L'option SA_NODEFER est compatible avec l'option SVr4 du même nom pour les noyaux 1.3.9 et ultérieurs. Pour les noyaux plus anciens, Linux autorisera la réception de tous les signaux et pas seulement celui qui vient de se déclencher (écrasant effectivement sa_mask ).

sigaction() peut être appelé avec un second argument null pour obtenir le gestionnaire de signaux actuel. On peut aussi vérifier si un signal est valide sur la machine actuelle en l'appelant avec les deuxième et troisième arguments nuls.

Il n'est pas possible de bloquer SIGKILL ou SIGSTOP (en les spécifiant dans sa_mask). Les tentatives pour le faire sont silencieusement ignorées.

Voir sigsetops(3) pour les détails concernant les ensembles de signaux.

Voir signal(7) pour une liste des fonctions sûres pour les signaux asynchrones qui peuvent être appelées par un gestionnaire de signaux.

Non documenté

Avant l'introduction de l'attribut SA_SIGINFO, il était déjà possible d'obtenir des informations supplémentaires dans le gestionnaire de signal sa_handler, en lui ajoutant un argument de type struct sigcontext. On peut retrouver ceci dans les sources du noyau. Ce mécanisme est désormais obsolète.

BOGUES

Dans les noyaux jusqu'au 2.6.13 y compris, spécifier SA_NODEFER dans sa_flags prévenait non seulement le signal livré d'être masqué pendant l'exécution du gestionnaire mais également les signaux spécifiés dans sa_mask. Ce bogue a été corrigé dans le noyau 2.6.14.

EXEMPLE

Voir mprotect(2).

VOIR AUSSI

kill(1), kill(2), pause(2), sigaltstack(2), signal(2), sigpending(2), sigprocmask(2), sigqueue(2), sigsuspend(2), wait(2), killpg(3), raise(3), siginterrupt(3), sigsetops(3), sigvec(3), core(5), signal(7)

TRADUCTION

Ce document est une traduction réalisée par Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/> le 14 octobre 1996 et révisée le 28 novembre 2007.

L'équipe de traduction a fait le maximum pour réaliser une adaptation française de qualité. La version anglaise la plus à jour de ce document est toujours consultable via la commande : « LANG=C man 2 sigaction ». N'hésitez pas à signaler à l'auteur ou au traducteur, selon le cas, toute erreur dans cette page de manuel.

Autant en emporte le vent.
-+- François Villon (1431-1463?), Ballade en vieux
langage français -+-